lundi 31 mars 2014

Comment étudier un support de cours fait de diapositives?

"PowerPoint nous rend stupides!(James N. Mattis, Général des Marines américains)
"Les gens qui savent de quoi ils parlent n'ont pas besoin de PowerPoint" (Steve Jobs)

Méfiez-vous des présentations PowerPoint!

De nombreux étudiants reçoivent en guise de support de cours les diaporamas que leurs professeurs ont utilisés lors des cours magistraux. Outil didactique potentiellement très efficace (il sert alors de technique pour améliorer la transmission de l'information), le PowerPoint peut pourtant devenir un support d'étude générateur d'échecs! Essayons donc de démasquer ce fauteur de trouble de l'enseignement.

Dans une interview, Franck Frommer, l'auteur de La pensée PowerPoint, enquête sur ce logiciel qui rend stupide, cerne les limites atteintes par ce logiciel né au début des années 80:
"Aujourd'hui, le PowerPoint ne sert plus à appuyer un discours comme c'était sa fonction originelle, il a remplacé le discours. Pour preuve, dans les réunions, les intervenants se contentent souvent de lire leurs slides et les distribuent à leurs collaborateurs comme si elles étaient le document de référence. Or, le principe de PowerPoint est d'être simple et très schématique. Dans chaque slide, le champ pour écrire est très limité et il faut résumer sa pensée en quelques mots. Le discours y est donc extrêmement simplifié: on voit s'entremêler quelques bullet points - puces qui énoncent les points importants - avec des images, des graphiques. La forme a conditionné le fond de la pensée. Tout l'argumentaire, les démonstrations, les connecteurs logiques ont disparu. On passe à côté de l'essentiel."

Soulignons à présent les principaux dangers associés à l'usage de PowerPoint dans l'enseignement. Du côté de l'enseignant pour commencer :

1) Se contenter de lire les diapositives;
2) Faire défiler les "slides" rapidement dès qu'il a pris du retard sur son programme;
3) Se croire dispensé de refaire (construire pas à pas) devant son auditoire l'entièreté des raisonnements qui mènent à l'information.

Et du côté des étudiants ensuite 
1) Croire que le diaporama est une bonne synthèse du cours;
2) Se laisser hypnotiser par les belles illustrations projetées au point de ne plus - ou de moins - prendre des notes;
3) Croire que l'on peut mémoriser tel quel l'information ainsi présentée pour satisfaire les exigences du professeur.

Ce à quoi l'étudiant doit dès lors être attentif, c'est aux caractéristiques intrinsèques du PowerPoint. Elles seules peuvent lui permettre de comprendre comment ce mode de transmission d'informations fonctionne, et donc comment il faudra l'utiliser pour la suite de l'étude du cours. Trois caractéristiques sont ici relevantes:
  • Les "slides" opèrent des raccourcis de présentation des concepts.
  • La structure des présentations est très hiérarchisée et très généralisée, ce qui produit une très forte fragmentation de l’information.
  • La succession des "slides" est rapide (le présentateur compte souvent 1 minute par diapositive), ces dernières ne contenant chacune que des bribes d’information (mots clés, slogans, définitions isolées, illustrations, graphs, etc.).

L'IPM, Institut de Pédagogie universitaire et des Multimédias de l'UCL, commente prudemment l'usage de PowerPoint dans le cadre de l'enseignement. Leur analyse d'un tel outil didactique (ou TIC, pour Technologie de l'Information et de la Communication) est accompagné de recommandations claires, dont on retiendra par exemple les 2 suivantes (voir l'article "Comment tirer parti de PowerPoint"):

"Une présentation visuelle est un soutien à l’exposé oral, et uniquement cela. Elle ne peut pas prendre le pas sur la conception du dispositif d’enseignement ni sur aucun élément qui le compose."


"Si, utilisés à bon escient et selon les règles de qualité, les diapositives sont bénéfiques pour soutenir l’attention des étudiants pendant les exposés oraux, leur nature n’en fait cependant pas des bons supports écrits à l’apprentissage."

Alors, comment faire finalement pour étudier un cours dont le support est un PowerPoint?

Règle n°1: Prendre un maximum de notes durant l'exposé oral de la matière. Les commentaires du professeur sont essentiels, surtout lorsqu'il opère les transitions entre les diapositives, qu'il introduit un nouveau sujet, ou qu'il récapitule un volet de matière achevé. Ne vous laissez pas distraire par le côté visuel de la présentation et concentrez-vous au maximum sur l'audition et l'écriture!

Règle n°2: A la maison ou au kot, mettre sans tarder en ordre les informations composant la matière. Il s'agit de construire une structure, un plan, une table des matières précise, ou encore un fil conducteur. Pour ce faire, il faut confronter les notes (commentaires) au diaporama. S'aider - si possible - du livre de référence que le professeur a lui-même utilisé peut être très utile. Le but de cette étape est d'acquérir une vue d'ensemble cohérente et synthétique de ce cours éclaté en centaines, voire en milliers de morceaux/diapositives.

Règle n°3: Verbaliser au maximum le contenu de la matière en parlant et/ou en écrivant. Le but est d' "habiller" (remplir, compléter, augmenter) les diapositives avec toute l'information qu'elles ne font qu'évoquer ou amorcer. Formulez des explications, des raisonnements, bref entraînez-vous à exposer le cours en faisant comme si vous étiez le professeur: testez votre compréhension de la matière et votre capacité à retrouver chaque information (en partant d'une question et en construisant une réponse).

Pour conclure, ajoutons encore que si le PowerPoint offre une forme ultra simplifiée du contenu du cours, il ne faut pas oublier qu'à l'examen le professeur exigera de vous des réponses hyper précises et développées ! La présentation PowerPoint n'est donc pas un modèle de ce que vous devrez reproduire lors de l'évalution...

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Le blocus assisté résidentiel organisé par COGITO durant le congé de Pâques permet aux étudiants - quelles que soient les études et les matières - de se familiariser avec les meilleures méthodes d'étude et de bénéficier de la présence de formateurs spécialisés qui les accompagnent individuellement chaque jour.

mercredi 26 mars 2014

Blocus de Pâques: le moment de résumer ses cours.

Pourquoi résumer? Faire un résumé ou bien des synthèses? Et si le prof utilise des diapositives? Ca prend combien de temps? Dans quel ordre procéder?

Résumer les cours: une étape cruciale en vue des examens! 

Nous avions dans notre article précédent mentionné l'importance de résumer les cours et nous y introduisions une distinction entre un "résumé" et des "synthèses". Vu que nous entrons dans la période idéale pour commencer ce travail, il n'est certainement pas inutile de rappeler les fondamentaux de ces techniques d'étude incontournables pour tout étudiant désireux de réussir ses prochains examens.

1. Développer un esprit d'analyse et de synthèse

L'esprit d'analyse est celui qui décortique le cours en vue de comprendre de quoi il est composé et comment ses éléments s'articulent. Le but est de découvrir "ce qu'il a dans le ventre". Pour réaliser l'analyse il faut ouvrir le cours: pas pour simplement le feuilleter et le lire passivement, mais pour l'effeuiller et l'interroger activement. 
Le moteur de l'analyse est cette question: qu'y a-t-il d'important dans cette matière?

L'esprit de synthèse est tout différent. Il ne s'agit pas simplement de reconstituer le tout (le cours) à partir des éléments obtenus au terme de l'étape d'analyse (de décomposition). Ce qu'il faut, c'est ordonner les informations de différentes manières en suivant les liens logiques propres à la discipline apprise. Par exemple:

- Pour un cours d'histoire il conviendra de construire des lignes du temps; 
- Pour les sciences du vivant on établira toutes les relations entre structures et fonctions
- Pour des matières comme la philosophie, l'anthropologie ou la sociologie il faudra s'atteler à répertorier toutes les relations d'opposition (entre concepts, auteurs, etc.)

2. Mémoriser à long terme
A ce stade de l'année, l'enjeu principal pour tout étudiant du supérieur est de commencer à préparer ses examens de fin d'année. Il faut comprendre: commencer à mémoriser les matières déjà enseignées afin d'avoir le temps de tout assimiler et surtout d'évaluer ses connaissances.

La seule préoccupation des étudiants doit donc être la suivante: comment puis-je commencer à mémoriser mes cours en étant certain de ne pas tout oublier d'ici 2 mois?
Bref, ce qu'il faut utiliser c'est la mémoire à long terme (et non la mémoire à court terme plus connue sous le nom de "mémoire par coeur").

3. La méthode étape par étape
Justement, résumer (avec l'esprit d'analyse) et faire des synthèses (avec l'esprit de synthèse) sont des outils qui permettent de mémoriser à long terme. Voici comment:

Etape 1: La première analyse du cours consiste à en construire une table des matières
La mémoire à long terme a besoin de liens solides pour retenir les informations. Les éléments du cours les plus importants à découvrir et à relier sont ceux contenus dans les titres, sous-titres, sous-sous-titres. Même si elle existe déjà, l'étudiant doit construire lui-même la table des matières et s'approprier la logique qui la traverse.Il doit en outre être rapidement capable de la raconter comme une histoire.

Exemple: "Dans mon cours de physique, le professeur va nous expliquer la mécanique; pour ce faire il commence par étudier le mouvement (la cinématique), ensuite il s'intéresse à l'action des forces en général (la dynamique), ce qui l'entraîne vers l'étude de la force de gravitation en particulier, etc. Dans le chapitre sur la cinématique, il aborde 4 sujets: la vitesse, l'accélération, etc."


Etape 2: La deuxième analyse du cours consiste à repérer les informations essentielles de manière à former le résumé du cours
Deux situations doivent être envisagées:
- Soit le support principal du cours est un texte: l'étudiant doit alors y sélectionner directement les informations principales qui complèteront la table des matières. Il s'agit d'un travail de condensation de l'information.

- Soit le support principal du cours reprend les diapositives (slides) que le prof utilise comme outil didactique: l'étudiant doit alors au contraire ajouter des informations pour "habiller" ce support minimaliste et toujours incomplet. Il s'agit d'un travail d'expansion de l'information. De bonnes notes et/ou un livre de référence sont alors nécessaires.

Etape 3: Faire des synthèses
A nouveau deux situations se présentent, cette fois en fonction du type de matière:
- Soit l'exposé de la matière repose entièrement sur un ordre, une structure, ou encore un fil conducteur unique - c'est le cas typiquement pour les matières juridiques et mathématiques - et les synthèses consistent essentiellement en des liens vers des applications: les casus en droit, les exercices et démonstrations en mathématiques.

- Soit l'exposé de la matière repose sur une séquence et un fil conducteur beaucoup plus relatifs et la réalisation de synthèses prendra la forme de tableaux comparatifs. C'est généralement le cas dans les sciences humaines, les sciences du vivant (donc les sciences médicales) mai aussi certains cours de sciences exactes. Il s'agit alors de faire des liens transversaux à l'intérieur d'un chapitre et entre plusieurs chapitres.

4. Evitez le pièges!

Jetons un oeil sur les 2 principaux pièges qui se présent aux étudiants:

A. Ne pas faire soi-même une table des matières, un résumé et des synthèses
Il est tentant d'utiliser une table des matières toute faite, ou le résumé d'un étudiant qui a bien réussi l'examen. C'est aussi rassurant que d'aller voir la solution d'un exercice de physique ou de statistique avant d'avoir fait l'effort de le résoudre soi-même entièrement et d'avoir soi-même surmonté les difficultés!
Si le résumé d'un autre peut servir de modèle ou de source d'information, il ne doit jamais se substituer au travail personnel de chaque étudiant. Seul ce travail garantit une mémorisation à long terme, une compréhension en profondeur et une garantie de réussite.

B. Se dire que cela prend trop de temps et qu'il vaut mieux lire et comprendre les cours
Utiliser la méthode décrite ci-dessus prend du temps, c'est pourquoi il faut commencer dès maintenant! Pâques est la période idéale pour réaliser ce travail d'étude active.
Lire les cours et simplement vérifier qu'on les comprend, c'est plus facile et cela prend moins de temps, mais quel est le résultat obtenu en terme de mémorisation? Il est pratiquement nul. Les étudiants qui reportent à plus tard le travail de mémorisation s'oblige à devoir apprendre par coeur (mémorisation à court terme) en mai (juste avant les examens) toutes les matières. Ces étudiants n'auront pas le temps d'étudier plusieurs fois leurs cours (maîtrise en profondeur) et de s'interroger pour vérifier l'état de leurs connaissances (entraînement indispensable avant toute "compétition"!).

Pour conclure, ajoutons qu'il existe une structure spécialement conçue pour permettre aux étudiants de réaliser ce travail d'étude indispensable et spécifique de la période de Pâques. Son nom: le blocus assisté.

Le blocus assisté résidentiel permet à chaque étudiant, quelles que soient ses études et les matières qu'il révise, de se fixer un programme précis de travail, d'utiliser une méthode adéquate à la réalisation de ce travail, et de profiter de la présence de formateurs spécialisés pour améliorer sa compréhension des matières ainsi que pour vérifier ses connaissances. 

Envie de réussir tes examens de fin d'année? Viens travailler avec d'autres étudiants motivés comme toi, et donne-toi ainsi les moyens d'accomplir ta noble ambition!

vendredi 7 mars 2014

Méthode de travail et partage d'infos sur les cours: un bon ménage?

"Il n'y a pas une méthode unique pour étudier les choses." (Aristote)

Peut-on réussir ses études supérieures en tuyautant et court-circuitant?

De plus en plus, lorsque j'interroge les étudiants sur leur méthode de travail, je constate que cette dernière intègre l'une ou l'autre des étapes suivantes:
  • "Rechercher des synthèses pré-existantes"
  • "Profiter de questions sur les forums, ou groupes Facebook"
  • "Comparer avec les notes que d'autres étudiants partagent"
  • "Refaire les examens de sessions précédentes qui sont accessibles"
Les étudiants échangent depuis toujours des infos sur leurs cours. Ce n'est pas nouveau non plus de constater une dichotomie entre les étudiants qui produisent ces données (notes de cours, résumés, résolutions d'exercices, etc.), et ceux qui ne font qu'en profiter pour - leur semble-t-il - gagner du temps. Nous verrons plus loin qu'il faut encore envisager un troisième groupe d'étudiants qui utilisent intelligemment ces ressources; mais avant cela voyons ce qui a changé depuis quelques années. 
 
Aujourd'hui les étudiants découvrent, sans même souvent le demander, une mine d'informations en tous genres qui se rapportent à leurs cours. Tout cela est accessible via les réseaux sociaux et d'autres plateformes informatiques que certains appellent désormais des sites "tuyaux": synthèses, notes de cours, questions d'examen, exercices, forums, etc. C'est souvent une aubaine, surtout pour ceux qui n'assistent pas à tous les cours, qui ne prennent pas de bonnes notes, ou qui s'y mettent très tard pour étudier. Tous ces documents leur permettent de court-circuiter le travail "normal" d'étude, voire de tuyauter en sélectionnant directement les parties de matière sur lesquelles les profs interrogent - peut-être! - fréquemment.

Bref, les étudiants ont donc un accès direct et rapide à une quantité de plus en plus grande d' "outils" d'étude. La bonne nouvelle c'est qu'il s'agit bien d'outils que l'étudiant peut utiliser dans le cadre de son travail de préparation aux examens. La mauvaise nouvelle c'est qu'il ne faut pas voir là une possibilité de gagner du temps et de réduire la quantité de travail nécessaire pour viser la réussite de ses études. Pour bien comprendre, repartons de quelques constats de base:
1. Apprendre par cœur le résumé d'un(e) étudiant(e) ayant obtenu une note de 16 ou 18 sur 20 à son examen ne garantit nullement de reproduire automatiquement cette note.
2. Si de nombreux étudiants apprennent par cœur le même résumé qui est partagé sur un réseau social et qu'ils en restituent certains morceaux lors de l'examen, le professeur va forcément s'en rendre compte... et il n'appréciera pas vraiment! Comment saura-t-il en effet si la matière a été réellement comprise ?
3. Un des principaux enjeux de la méthode de travail dans les études supérieures étant d'apprendre à utiliser la mémoire à long terme, à quoi pourrait bien servir la synthèse d'un autre ou la mémorisation par cœur de réponses à d'anciens examens?

C'est à cette dernière question qu'il nous faut répondre. On découvrira par la même occasion le profil d'un étudiant capable de tirer profit des "tuyaux" et autres résumés ready-to-use, tout en développant une bonne méthode de travail.

Le principe de base d'une bonne méthode de travail, à savoir une manière d'étudier qui active la mémorisation à long terme des informations, est le questionnement: pour chaque matière l'étudiant(e) doit se poser les bonnes questions qui lui permettront d'aller chercher les réponses au sein des différents supports de cours (notes, syllabus, livre de référence, etc.).

Sur base de ce principe, le travail d'étude "naturel" est le suivant: une fois que l'étudiant s'est posé des questions et qu'il commence à trouver des réponses, il doit classer ces dernières de trois manières différentes:
  • Les ranger selon un plan, à savoir le fil conducteur du cours (cf. la table des matières, l'intro du cours, etc.).
  • Trier les données principales des informations secondaires, voire inutiles: c'est ce que l'on appelle le résumé, à savoir un plan complété par les infos les plus essentielles de la matière.
  • Faire des liens transversaux dans le chapitre, le cours, voire entre plusieurs cours: ce sont des synthèses, sous forme souvent de tableaux dans lesquels l'étudiant procède à des comparaisons détaillées.
L'étudiant malin pourra donc à chacune de ces étapes s'inspirer de ce que d'autres ont fait avant lui et qui s'est avéré efficace. Il est par exemple crucial pour un étudiant de 1er bac qui n'a jamais étudié de la sorte de consulter un bon résumé et de voir quel genre de synthèses il peut faire pour chacun de ses cours. De même, cet étudiant pourra tirer profit des exemples de questions d'examens partagés afin de vérifier: 1) que son étude permet de rencontrer les attentes du prof (suffisamment détaillée, etc.); 2) qu'il est capable de formuler lui-même des réponses correctes après avoir travaillé (mémorisé) la matière. Tout cela ne doit pas être fait 2 jours avant l'examen, mais déjà tout au long de l'année!

Intéressé(e) par la méthode de travail dont je viens de parler? Sachez qu'elle est expliquée en détails dans la collection de "facilitateurs d'étude" que vous pouvez commander en ligne (édition Texquis, collection J'Assure), et qu'il existe une formule de coaching proposée chez COGITO pour vous aider à la mettre en pratique.

Alors, chers étudiants, partagez! Mais surtout, étudiez intelligemment...