jeudi 30 janvier 2014

Pour quoi suis-je fait?

"Pour quoi suis-je fait? Ce n'est déjà plus une interrogation, c'est un gouvernail. Il y a bien trop de facteurs pour que le hasard soit seul à décider, nous devons avoir une petite part dans ce voyage..." (Yves Duteil)

Le choix d'une profession est le résultat d'un processus complexe!(1)

« Qu'est-ce que je fais vraiment ici ? Suis-je à ma place en droit ou en kiné ? » Il est bien possible que de telles questions vous soient familières. Même si ce n'était pas le cas, rappelez-vous que se repositionner vis-à-vis de son choix est un excellent moyen de mieux s'engager dans ses études et d'être au bout du compte beaucoup plus satisfait de son passage dans les études supérieures et de ce qui en découlera. 

Bien entendu, vos caractéristiques personnelles sont importantes, mais les motivations en cause dans votre choix le sont également. Pour réfléchir à cette dimension, il peut être très utile de vous interroger sur l'origine de votre choix

Vos parents et d'autres personnes de confiance (grands-parents, soeurs et frères, professeurs, etc.) sont les premiers modèles qui ont influencé votre choix professionnel. Il se peut que vous ayez voulu leur ressembler et jouer un rôle semblable au leur. Il se peut au contraire que vous ayez souhaité être le plus différente ou différent possible d'eux. 

Les attentes de votre entourage quant à votre choix professionnel peuvent s’exprimer de différentes manières. Parfois, elles sont explicites et vous avez alors la possibilité d’y réagir. D’autres fois, elles se font plus subtiles et sont ainsi plus difficiles à remettre en question. Comme l’exprime l’auteur Gustav Meyrink : «Les influences qu’on n’arrive pas à discerner sont les plus puissantes». Quelle que soit la manière dont elles s’expriment, les attentes de l’entourage peuvent être ressenties comme une confirmation de vos propres aspirations ou, au contraire, comme une pression à vous conformer qui freine votre affirmation personnelle, qui limite votre liberté de choix et qui influence votre motivation.

Peut-être votre choix est-il un moyen de vous prouver quelque choseje suis capable de réussir la médecine») ou de prouver quelque chose à quelqu'un ou encore une manière de réparer un tort fait à quelqu'un que vous aimez («mes parents ont été victimes d'une injustice, je serai avocate»). Quoi qu'il en soit, comprendre pourquoi vous désirez aider, avoir du prestige ou défendre une cause vous offrira une belle occasion d'être au clair avec vous-même et vous assurera que vous êtes vraiment aux commandes de votre destinée.

Si vous ne parvenez pas à opter pour une orientation, y en a-t-il tout de même une vers laquelle vous inclinez, même légèrement ? Quels risques courez-vous à la prendre ? N'oubliez pas que le fait de ne pas prendre de décision est aussi une décision. Il se pourrait également que certains éléments en vous ou dans la situation ne soient pas suffisamment mûrs pour que vous puissiez trouver une orientation. Il faut parfois savoir attendre, tout en se demandant s'il y aurait des actions à tenter durant cette période pour faire évoluer la situation. Dans les cas urgents qui requièrent une décision rapide, soupesez les risques (à quelles difficultés vous exposez-vous?) et les mérites (quels apprentissages allez-vous acquérir et leur utilité) 
de chaque option, et choisissez celle qui vous apparaît la moins mauvaise et pour laquelle vous vous sentez en mesure d'assumer les conséquences.

Dans les situations difficiles, il peut aussi être utile de faire appel aux autres. Ils n'ont pas à décider à votre place, mais ils peuvent vous écouter, vous rappeler vos forces, vous donner des pistes de solutions, vous refléter vos attitudes ou vous faire voir le problème autrement. Il demeure que la décision vous appartient: vous êtes la personne la mieux placée pour sentir ce qui est le meilleur pour vous!
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(1) Cet article reprend des conseils proposés aux étudiants de l'Université Laval (Québec)

Besoin d'un bilan d'orientation? N'hésitez pas à faire appel à COGITO

mardi 14 janvier 2014

Internet peut-il aider à étudier?

"Pour connaître les réponses, il faut vivre les questions." (Rainer Maria Rilke)
"La question authentique n'est pas supprimée par la réponse trouvée." (Heidegger, Question I, 75)

Si étudier c'est chercher des réponses, alors internet est votre allié!

Ne commence-t-on pas à étudier lorsque la compréhension fait défaut? Et lorsque quelque chose n'est pas clair, que la logique d'un raisonnement nous échappe, ne faut-il pas chercher où le fil conducteur est rompu, c'est-à-dire s'interroger au sujet des données qui nous manquent pour faire progresser l'étude en question?

Si vous répondez affirmativement à ces questions, alors vous reconnaissez comme moi que le processus aboutissant à la connaissance d'une matière est celui-ci :

Je ne comprends pas/plus --> Je me pose des questions --> Je cherche des réponses --> Je trouve ET je retiens (car le fil conducteur est rétabli!)

Intéressons-nous à l'étape où  "je cherche des réponses". Où chercher? Les notes et le syllabus constituent votre principale source bibliographique, mais cela ne suffit parfois pas... Regardons donc ailleurs: il est admis que notre époque est marquée par la révolution du "Big Data": "en 2014, l'humanité produira 40.000.000.000.000.000.000.000 de données" (1), parmi lesquelles il serait bien surprenant que vous ne trouviez pas votre "bonheur"! En outre, le 21ème siècle prétend déjà nous avoir fait entrés dans une nouvelle aire de l'éducation, celle de "l'école sans frontières grâce à Internet", ce qui renforce encore notre idée de faire de la toile un outil d'apprentissage que les étudiants - en période d'examens notamment - ne devraient pas sous-exploiter.

Posons dès lors une question tout à fait pratique: comment Google, yahoo, BingAsk, et bien d'autres moteurs de recherche moins connus ou en passe de le devenir, peuvent-ils contribuer à "nous élever" et à "cultiver notre esprit"?

Pour répondre, considérons séparément les deux éléments suivants:
  1. Ces moteurs de recherche ont accès à une quantité énormes de données - nous l'avons déjà souligné - susceptibles de contenir les informations qui vous manquent pour comprendre votre cours.
  2. Ces moteurs permettent de faire des recherches "avancées", c'est-à-dire d'utiliser une grande quantité de critères qui filtreront les données trouvées susceptibles de combler vos lacunes.
Remarquons que la toile n'est donc bien qu'un outil. Comme n'importe quel outil (songez par exemple à vos premiers pas dans l'art de l'écriture à l'aide d'un stylo vers l'âge de 6 ans) il n'est qu'un moyen d'atteindre un but qui le dépasse, d'une part, et il n'est bien utilisé que lorsque l'on a appris à s'en servir, d'autre part. Bref internet ne vous éduque pas directement, vu qu'il n'est que le prolongement de votre questionnement... ce dernier étant le point de départ et le point d'arrivée du processus d'apprentissage dont vous êtes le seul pilote ! 

Pour stimuler votre capacité à utiliser internet lorsque vous étudiez, voici quelques fonctionnalités pas forcément très connues, mais qui pourront vous faire gagner beaucoup de temps lors de vos recherches:
  • CALCULER. Tapez par exemple dans la barre de recherche de Google les expressions suivantes: 67*46 ; x^7 + 5
  • CONVERTIR. Tapez à présent les expressions :10mL en dm^3 ; 10 dollars en euros
  • Les GUILLEMETS. Tapez entre des guillemets l'expression exacte que vous cherchez et Google la cherchera telle quelle dans sa base de données (parfait pour retrouver une source précise, vérifier un plagiat, cibler sa recherche, etc.)
  • SOUSTRAIRE des données. Tapez un terme et ensuite un autre directement précédé du signe "moins", ce qui aura pour effet de soustraire toutes les données qui contiennent ce dernier terme. Essayer par exemple: étudier -conjugaison
  • L'ASTERISQUE. Il s'agit du caractère "joker". Si vous tapez par exemple "syndrome *", le moteur de recherche vous trouvera directement une liste de syndromes et de données associées.
Enfin, lorsque défile sur votre écran la liste des résultats de votre recherche, n'oubliez pas d'utiliser votre esprit critique (ici aussi internet vous éduque!). Voici quelques conseils de base en la matière:
  • Wikipedia peut vous mettre sur la piste d'informations sérieuses relatives à votre sujet de recherche. Ce site à l'avantage de rassembler un tas d'infos sur une multitude de sujets précis... mais ce n'est qu'une piste! Utilisez les infos trouvées sur wikipedia pour faire de nouvelles recherches qui les valideront et les complèteront.
  • Familiarisez-vous avec les sites scientifiques avérés: FNRS (Belgique), CNRS ou INRA  (France), PubMed (publications scientifiques), Universités, ... Lorsque vous ouvrez une page, cherchez-y l'auteur et l'institution d'origine! Google scholar peut vous faire gagner beaucoup de temps...
  • Si vous êtes dirigé vers un Blog, redoublez de prudence: identifiez le plus précisément possible l'auteur et cherchez ses références (diplôme, publications, etc.). Evitez de croire n'importe quoi proféré par "n'importe qui" (d'aussi bonne volonté soit-il!).
Bonne recherche à tous!

Nathanaël Laurent, au nom de toute l'équipe des formateurs de COGITO
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(1)  Chiffre mentionné par Eric Chol dans l'éditorial du Courrier international, n°1209, 2-8 janvier 2014.